La Grande flibuste Ebook

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  • 19 mai 2020
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Résumé

La Chasse à l’homme.

Le lendemain, au point du jour, la petite troupe quitta la Casa-Grande de Moctecuzoma ; deux heures plus tard, elle entrait dans le del Norte.

À la vue du désert, un effroyable serrement de cœur s’empara de la jeune fille : un pressentiment secret sembla l’avertir qu’il lui serait fatal. Elle se retourna, jeta un regard triste sur les sombres forêts qui, derrière elle, verdissaient à l’horizon, et ne put réprimer un soupir.

La température était tiède, le ciel bleu, pas un souffle de vent ne courait dans l’air ; on apercevait encore sur le sable les traces profondes des chevaux de la compagnie franche du comte de Lhorailles.

— Nous sommes sur la bonne voie, observa l’haciendero, leur piste est visible.

— Oui, murmura le Tigrero, et elle le restera jusqu’à ce que le temporal se déchaîne.

— Alors, reprit doña Anita, que Dieu nous vienne en aide !

— Amen ! s’écrièrent en se signant tous les voyageurs, répondant instinctivement à cette voix secrète que chacun a au fond du cœur et qui leur prédisait un malheur.

Quelques heures s’écoulèrent.

Le temps restait beau : parfois, à une grande hauteur au-dessus de leur tête, les voyageurs voyaient passer des volées innombrables d’oiseaux qui se dirigeaient vers les régions chaudes ou las tierras calientes, ainsi que l’on dit dans le pays, et se hâtaient de traverser le désert.

Mais, partout et toujours, on ne voyait qu’un sable gris et terne ou de sombres rochers bizarrement entassés les uns au-dessus des autres, comme ces ruines sans nom d’un monde inconnu et antédiluvien que parfois on rencontre dans les hautes solitudes.

La caravane, lorsque venait le soir, campait à l’abri d’un bloc de granit, allumant un maigre feu, suffisant à peine pour se garantir du froid glacial qui, dans ces régions, pèse la nuit sur la nature.

Don Martial voltigeait sans cesse sur les flancs de la petite troupe, tantôt à droite, tantôt à gauche, en avant, en arrière, veillant sur sa sûreté avec une sollicitude filiale ; ne demeurant jamais un instant en repos, malgré les instances de don Sylva et les prières de la jeune fille.

— Non ! répondait-il toujours ; de ma vigilance dépend votre sécurité. Laissez-moi agir à ma guise ; je ne me pardonnerais pas de vous avoir laissé surprendre.

Cependant peu à peu les traces laissées derrière elle par la compagnie franche étaient devenues moins visibles et avaient fini par disparaître tout à fait.

Un soir, au moment où les voyageurs établissaient leur camp sous un immense bloc de rocher qui formait une espèce d’auvent au-dessus de leur tête, l’haciendero montra à don Martial une légère vapeur blanchâtre qui se détachait vigoureusement sur le bleu du ciel.

— L’éther perd son azur, dit-il, nous allons probablement avoir bientôt un changement de temps. Dieu veuille que ce ne soit pas un ouragan qui nous menace !

Le Tigrero secoua la tête.

— Non, dit-il, vous vous trompez ; vos yeux ne sont pas, ainsi que les miens, accoutumés à interroger le ciel ; ceci n’est pas un nuage.

— Qu’est-ce donc, alors ?

— La fumée d’un feu de fiente de bison allumé par des voyageurs ; nous avons des voisins.

— Oh ! fit l’haciendero, serions-nous sur la piste de nos amis que, depuis si longtemps, nous avons perdus ?

Don Martial garda le silence ; il examinait minutieusement cette fumée, vapeur presqu’imperceptible qui se confondrait bientôt avec l’azur du ciel. Enfin il répondit :

— Cette fumée ne me présage rien de bon. Nos amis, ainsi que vous les nommez, sont Français, c’est-à-dire profondément ignorants de la vie du désert ; s’ils étaient près de nous, il nous serait aussi facile de les voir que d’apercevoir ce rocher qui est là bas ; ils auraient allumé non pas un feu, mais dix, mais vingt brasiers, dont les flammes, et surtout la fumée épaisse nous auraient immédiatement révélé leur présence ; ils ne choisissent pas leur bois, eux ; sec ou mouillé, peu leur importe ; ils ignorent l’importance qu’il y a, dans le désert, à découvrir son ennemi sans laisser soupçonner sa présence.

— Vous concluez de cela ?

— Je conclus que le feu que vous avez découvert a été allumé par des sauvages ou au moins par des coureurs des bois aguerris aux choses de la vie indienne. Tout le fait supposer ; voyez vous-même, qui, sans en avoir une grande expérience, connaissez cependant un peu l’existence du désert, vous l’avez pris pour un nuage ; tout observateur superficiel aurait commis la même erreur que vous, tant la gerbe est fine, déliée, onduleuse et tant sa couleur se marie bien avec toutes ces vapeurs que le soleil pompe incessamment et qui s’élèvent de terre. Les hommes, quels qu’ils soient, qui ont allumé ce feu, n’ont rien laissé au hasard ; ils ont tout calculé, tout prévu ; ou je me trompe fort, ou ce sont des ennemis.

— À quelle distance les supposez-vous de nous ?

— À quatre lieues, au plus ; qu’est-ce que quatre lieues dans le désert, lorsqu’il est si facile de les parcourir en ligne droite ?

— Ainsi, votre avis serait ?… fit l’haciendero.

— Pesez bien mes paroles, don Sylva ; surtout, je vous en prie, ne leur donnez pas une interprétation autre que celle que je prétends leur donner. Par un prodige dont il existe peu d’exemples dans les fastes du del Norte, voici près de trois semaines que nous le parcourons dans tous les sens sans que rien, jusqu’à présent, soit venu nous troubler ; voilà huit jours déjà que nous errons à l’aventure à la recherche d’une piste qu’il nous est impossible de retrouver.

— C’est vrai.

— J’ai fait alors ce raisonnement que je crois juste, et que vous approuverez, j’en suis convaincu. Les Français n’ont qu’accidentellement pris la résolution d’entrer dans le désert ; ils ne l’ont fait que pour se mettre à la poursuite des Apaches. N’est-ce pas votre avis ?

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Contenu

Langue
fr
Version
livre numérique
Date de sortie initiale
19 mai 2020
Format ebook
Adobe ePub

Personnes impliquées

Auteur principal
Gustave Aimard
Editeur principal
Gilbert Terol

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1230003908457

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