Le Fils du diable Ebook

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  • 30 mars 2020
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Résumé

Tome II

LES TROIS CLEFS.

An nom de Rodach, les trois associés saluèrent, et le jeune M. de Geldberg aussi bas que les autres.

— Si monsieur le baron avait eu la bonté de nous dire son nom tout de suite… balbutia-t-il.

— Mon jeune Monsieur, répliqua Rodach, j’ai vu bien des négociants en ma vie, et je me formalise seulement dans un salon ou dans la que… ne prenez pas la peine de vous excuser, puisque le mal vient de moi… Comme je vous le disais dans ma lettre, dont, à ce qu’il paraît, vous gardez un souvenir très-vague, j’ai fait pendant un an toutes les affaires de votre correspondant et ami Zachœus Nesmer… Cet honnête homme n’avait pour moi aucun secret… je connais sa vie présente et passée, et je n’ignore rien des rapports excessivement intimes… il appuya sur ces derniers mots… qui existèrent à une autre époque entre lui, ces deux messieurs et Mosès de Geldberg.

Le sourire de Reinhold se changea en grimace ; Mira lui-même ne put retenir un léger froncement de sourcils.

— Je sais tout, reprit Rodach, absolument tout, depuis la mort du comte Ulrich jusqu’à celle de Nesmer lui-même !

La voix de Rodach eut comme un tremblement imperceptible en prononçant le nom d’Ulrich de Bluthaupt ; mais sa physionomie demeura calme et ferme.

— Ce qui me manquait, poursuivit-il, c’était la connaissance de ce qui s’est passé dans cette dernière année… Je suis venu pour m’informer et savoir… le hasard m’a servi et j’ai appris ce que vous auriez voulu me cacher peut-être, les dangers sérieux qui menacent la maison de Geldberg.

— Monsieur le baron, répliqua Reinhold, ces dangers sont plus apparents que réels… en somme, la maison a des espérances magnifiques, qui ne peuvent guère lui échapper.

— C’est justement sur ce point que je désirais vous interroger… mais, encore une fois, pas de réticences, je vous conjure ; vous êtes les plus forts débiteurs de la succession Nesmer, et notre intérêt évident est de vous soutenir… ainsi, regardez-moi d’avance comme un de vos associés, et parlez-moi comme à un homme dont le temps, l’influence et la bourse sont momentanément tout à vous.

Reinhold se leva dans un accès subit de gratitude, et tendit sa main au baron, qui la toucha — Il sentit la main du baron froide et toute frémissante ; mais il n’y prit point garde, et la secoua le plus cordialement qu’il put.

Abel et Mira crurent voir en ce moment un voile de pâleur tomber sur le visage de Rodach.

— Messieurs, s’écria Reinhold en se tournant vers eux, — je pense qu’il ne peut y avoir chez nous qu’un seul avis… l’offre que M. le baron nous fait avec tant de franchise doit être acceptée de même.

— C’est mon opinion, dit le docteur Mira.

Il y avait dans cette conversation beaucoup de choses que le jeune M. de Geldberg ne saisissait point ; mais il crut devoir faire semblant de comprendre, et répéta en s’inclinant :

— C’est mon opinion, et, pour mon compte, j’accepte avec reconnaissance.

— Avec cette aide inespérée que notre étoile nous envoie, poursuivit M. de Reinhold, qui retrouvait sa faconde de beau parleur, — nous sortirons d’un pas difficile et nous parviendrons à nous acquitter envers l’héritier de notre correspondant et ami le patricien Nesmer… Puisque ces Messieurs me donnent carte blanche, je vais vous dire tout au long le beau côté de notre situation… Personnellement, ma position est pleine d’avenir ; en dehors de la maison, j’ai fondé quelques petites entreprises qui prospèrent à souhait… Ma centralisation des loyers du Temple surtout, — œuvre à la fois philanthropique et commerciale, — donne déjà de beaux bénéfices, auxquels je suis prêt à faire participer l’association, moyennant une indemnité convenable… Je suis en outre sur le point de contracter un très-riche mariage. Ainsi, comme vous le voyez, monsieur le baron, vous n’avez pas tout à fait affaire à des mendiants, et les avances que vous pourrez nous servir ne courent assurément aucun risque…

Rodach fit de la main un geste qui voulait dire :

— Passez.

— Quant à la maison elle-même, continua M. de Reinhold, elle a l’Emprunt Argentin, qui lui assure d’énormes rentrées dans un temps peu éloigné ; la Cérès, banque générale des agriculteurs, dont les actions sont en hausse, comme vous pourrez le voir à la Bourse ; enfin, l’affaire des affaires, le grand coup qui doit changer tout notre cuivre en or, le railway de Paris à ***, compagnie des Grands Propriétaires !

— Est-ce organisé ? demanda Rodach.

— Pas encore… Ah ! ah ! cher Monsieur, cela ne s’organise pas comme vous paraissez le penser !… il y a des difficultés. Les chemins de fer sont en baisse, et, s’il faut l’avouer, le manque de fonds nous arrête ici comme partout… Mon Dieu ! il faut bien le dire, puisque nous parlons ici à cœur ouvert, sans la retraite de notre respectable ami et associé. Moïse de Geldberg, ce serait par centaines de millions que la maison compterait aujourd’hui… Et notez que je n’exagère point, cher Monsieur ; la preuve, c’est que l’opinion du monde nous donne encore cette puissante fortune…

— C’est la vérité, dit Rodach ; moi-même…

— Cher Monsieur, interrompit Reinhold, ce sera notre salut… mais la vérité est que nous sommes passablement déchus… Ne me faites pas de signes, docteur, je sais ce que je dis, et une entière franchise peut seule nous mériter la confiance de M. le baron.

Abel fit un geste de complet assentiment.

Le chevalier reprit :

— Cette compagnie des Grands Propriétaires s’assied déjà sur d’excellentes bases, et doit nous faire remonter, j’en suis sûr, au point d’où nous sommes descendus… descendus, hélas ! par notre faute, ajouta Reinhold avec un gros soupir. Si l’entreprise réussit, comme c’est probable, nous redonnons à la maison une importance européenne et tous nos péchés sont expiés… Pour cela, croyez-nous, nos mesures sont assez bien prises ; rien n’a été négligé ; nous avons dépensé une bonne part de notre actif à donner de ces preuves d’opulence qui valent presque l’opulence elle-même, aux yeux de la plupart des hommes… Jamais Geldberg n’avait été plus somptueux, plus prodigue ! Nos employés dépensent autant d’argent que des fils de famille… On parle de nos fêtes dans les journaux, et nos salons n’ont guère de rivaux à Paris.

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Contenu

Langue
fr
Version
livre numérique
Date de sortie initiale
30 mars 2020
Illustrations
Non

Personnes impliquées

Auteur principal
Paul Féval
Editeur principal
Gilbert Terol

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