Les Boucaniers T VI
Ebook
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Auteur:
Paul Duplessis
- fr
- livre numérique
- 1230003298572
- 28 juin 2019
Résumé
Depuis un mois qu'il était devenu le commensal de Barbe-Grise, de Morvan n'avait pas entendu parler une seule fois de son matelot le beau Laurent.
Plein d'enthousiasme, le chevalier compta d'abord avec une impatience fébrile les jours et les heures qui, selon ses prévisions, le séparaient encore de son entrée en campagne ; mais à mesure que le temps s'écoula, sans amener aucun changement dans sa position, son irritation se calma son ardeur tomba, et enfin un moment vint ou à l'idée de prendre la mer il sentit la tristesse le prendre au cœur.
Fleur-des-Bois, ce que de Morvan était loin de s'avouer, entrait pour beaucoup dans la nouvelle disposition de son esprit resté jusqu'alors, isolé dans sa vie solitaire, il n'avait pu demeurer insensible à la douce et chaste intimité qui s'était établie entre lui et la fille de Barbe-Grise.
Il n'est guère possible, en effet, qu'un jeune homme, à moins que son cœur ne soit déjà complètement vicié, n'éprouve pas un certain sentiment de reconnaissance, pour la femme qui, sans arrière-pensée aucune, lui livre toute son âme !
D'abord séduit par l'originalité si naturelle du caractère de Fleur-des-Bois, de Morvan n'avait pas tardé à trouver en elle les plus charmantes et les plus précieuses qualités.
Chaque jour, une nouvelle découverte affermissait davantage l'affection qu'il portait à la délicieuse créature.
Fleur-des-Bois, complètement négligée par son père, était d'une ignorance parfaite : de Morvan se mit avec ardeur à son éducation.
La jeune boucanière montra d'abord une profonde répugnance pour les difficultés si fastidieuses que présentent les principes élémentaires.
— Que m'importe, chevalier Louis, disait-elle à son professeur, ce que l'on trouve dans les livres ! Que pourrais-je y apprendre que je ne sache déjà ! La vie est une chose si simple : avoir confiance en Dieu, aimer ceux qui sont bons, fuir les méchants. Que verrais-je dans tes livres qui vaille le spectacle de nos forêts ? rien. Crois-moi, chevalier Louis, laissons-là ces papiers noircis qui me fatiguent inutilement l'esprit et auxquels je ne comprends rien. Le temps est magnifique, les oiseaux chantent dans les bois, prends un mousquet et viens avec moi à la chasse.
— Jeanne, lui répondit un jour de Morvan ne serais-tu donc pas contente si j'étais loin de toi, de recevoir de mes nouvelles, de pouvoir lire les mots d'amitié que je t'écrirais ?
Cette question impressionna vivement la jeune fille.
— Ah ! mon chevalier Louis, s'écria-t-elle, je n'avais pas songé à cela ! Oui, tu as raison, la science est une bien belle chose ! Elle vous rapproche des absents que l'on aime ! Pourquoi ne m'as-tu pas fait observer cela plus tôt ! Je serais aujourd'hui savante !
À partir de ce moment Fleur-des-Bois se mit avec une ardeur sans pareille à l'étude : quinze jours plus tard elle lisait déjà fort passablement.
Un soir, en revenant à l'habitation, après une de ces longues courses qui leur semblait une simple promenade, les jeunes gens virent assis à table un inconnu.
Tous les deux, sans se rendre compte de leurs pensées, éprouvèrent en même temps une émotion pénible : le nouveau venu était un flibustier envoyé par le beau Laurent : il apportait une lettre à de Morvan.
' — Mon matelot, écrivait Laurent, grâce à une déplorable chance qui s'était acharnée après moi, il m'a fallu gagner et dépenser deux cent mille livres avant de pouvoir perdre mes vingt mille écus ! Hier les dés m'ont enfin enlevé mon dernier diamant et mon unique quadruple ! Arrive de suite : je me sens en verve contre l'Espagnol et j'ai hâte d'embarquer. Je t'attends demain. ' Le contenu de cette lettre qui, trois semaines auparavant, aurait comblé de Morvan de joie, lui parut alors constituer un véritable malheur. Quant à Fleur-des-Bois, elle pâlit comme si elle allait se trouver mal, et dit en s'adressant à de Morvan d'une voix qui tremblait :
— Mon chevalier Louis, pourquoi partir ? Que t'importe de gagner de l'or ? Qu'en feras-tu ? à quoi cela te servira-t-il ! Tes goûts ne sont pas pareils à ceux des autres hommes : tu n'aimes ni le jeu, ni le luxe, ni les boissons brûlantes. Que te faut-il ? De belles forêts embaumées, un mousquet qui abatte à deux cents pas un taureau sauvage, une sœur qui t'aime ! Quoi encore ? De l'espace et de la liberté ! Eh bien ! n'as-tu pas ici toutes ces choses ?… Pourquoi aller t'exposer à de terribles dangers afin de conquérir des richesses dont tu ne saurais que faire. Reste avec moi, mon chevalier Louis ! je ne te contrarierai jamais ; je préviendrai tes moindres désirs, je t'obéirai en tout… Je t'en prie, je t'en conjure, ne pars pas. Et puis, que veux-tu que je devienne sans toi, à présent… ? reprit Jeanne, après un léger silence. Casque-en-Cuir et mon père ne sont pas méchants, certes ; eh bien ! je ne sais comment cela se fait, mais je ne les vois plus tels qu'ils me semblaient être jadis ! ils me paraissent changés ; je sens que ni l'un ni l'autre ne savent m'aimer.
Mon père ne songe qu'à son procès ; Casque-en-Cuir, lui, je ne sais ce qu'il désire ; mais à coup sûr ce n'est pas mon bonheur ! Toi seul, tu as pour moi une affection véritable ! Mon chevalier Louis, je ne t'ai jamais fait de peine, et tu es trop bon pour vouloir me rendre à tout jamais malheureuse. Ne me quitte donc pas !
De Morvan, réellement attendri, ne savait que répondre ; ce fut Barbe-Grise qui prit la parole.
Plein d'enthousiasme, le chevalier compta d'abord avec une impatience fébrile les jours et les heures qui, selon ses prévisions, le séparaient encore de son entrée en campagne ; mais à mesure que le temps s'écoula, sans amener aucun changement dans sa position, son irritation se calma son ardeur tomba, et enfin un moment vint ou à l'idée de prendre la mer il sentit la tristesse le prendre au cœur.
Fleur-des-Bois, ce que de Morvan était loin de s'avouer, entrait pour beaucoup dans la nouvelle disposition de son esprit resté jusqu'alors, isolé dans sa vie solitaire, il n'avait pu demeurer insensible à la douce et chaste intimité qui s'était établie entre lui et la fille de Barbe-Grise.
Il n'est guère possible, en effet, qu'un jeune homme, à moins que son cœur ne soit déjà complètement vicié, n'éprouve pas un certain sentiment de reconnaissance, pour la femme qui, sans arrière-pensée aucune, lui livre toute son âme !
D'abord séduit par l'originalité si naturelle du caractère de Fleur-des-Bois, de Morvan n'avait pas tardé à trouver en elle les plus charmantes et les plus précieuses qualités.
Chaque jour, une nouvelle découverte affermissait davantage l'affection qu'il portait à la délicieuse créature.
Fleur-des-Bois, complètement négligée par son père, était d'une ignorance parfaite : de Morvan se mit avec ardeur à son éducation.
La jeune boucanière montra d'abord une profonde répugnance pour les difficultés si fastidieuses que présentent les principes élémentaires.
— Que m'importe, chevalier Louis, disait-elle à son professeur, ce que l'on trouve dans les livres ! Que pourrais-je y apprendre que je ne sache déjà ! La vie est une chose si simple : avoir confiance en Dieu, aimer ceux qui sont bons, fuir les méchants. Que verrais-je dans tes livres qui vaille le spectacle de nos forêts ? rien. Crois-moi, chevalier Louis, laissons-là ces papiers noircis qui me fatiguent inutilement l'esprit et auxquels je ne comprends rien. Le temps est magnifique, les oiseaux chantent dans les bois, prends un mousquet et viens avec moi à la chasse.
— Jeanne, lui répondit un jour de Morvan ne serais-tu donc pas contente si j'étais loin de toi, de recevoir de mes nouvelles, de pouvoir lire les mots d'amitié que je t'écrirais ?
Cette question impressionna vivement la jeune fille.
— Ah ! mon chevalier Louis, s'écria-t-elle, je n'avais pas songé à cela ! Oui, tu as raison, la science est une bien belle chose ! Elle vous rapproche des absents que l'on aime ! Pourquoi ne m'as-tu pas fait observer cela plus tôt ! Je serais aujourd'hui savante !
À partir de ce moment Fleur-des-Bois se mit avec une ardeur sans pareille à l'étude : quinze jours plus tard elle lisait déjà fort passablement.
Un soir, en revenant à l'habitation, après une de ces longues courses qui leur semblait une simple promenade, les jeunes gens virent assis à table un inconnu.
Tous les deux, sans se rendre compte de leurs pensées, éprouvèrent en même temps une émotion pénible : le nouveau venu était un flibustier envoyé par le beau Laurent : il apportait une lettre à de Morvan.
' — Mon matelot, écrivait Laurent, grâce à une déplorable chance qui s'était acharnée après moi, il m'a fallu gagner et dépenser deux cent mille livres avant de pouvoir perdre mes vingt mille écus ! Hier les dés m'ont enfin enlevé mon dernier diamant et mon unique quadruple ! Arrive de suite : je me sens en verve contre l'Espagnol et j'ai hâte d'embarquer. Je t'attends demain. ' Le contenu de cette lettre qui, trois semaines auparavant, aurait comblé de Morvan de joie, lui parut alors constituer un véritable malheur. Quant à Fleur-des-Bois, elle pâlit comme si elle allait se trouver mal, et dit en s'adressant à de Morvan d'une voix qui tremblait :
— Mon chevalier Louis, pourquoi partir ? Que t'importe de gagner de l'or ? Qu'en feras-tu ? à quoi cela te servira-t-il ! Tes goûts ne sont pas pareils à ceux des autres hommes : tu n'aimes ni le jeu, ni le luxe, ni les boissons brûlantes. Que te faut-il ? De belles forêts embaumées, un mousquet qui abatte à deux cents pas un taureau sauvage, une sœur qui t'aime ! Quoi encore ? De l'espace et de la liberté ! Eh bien ! n'as-tu pas ici toutes ces choses ?… Pourquoi aller t'exposer à de terribles dangers afin de conquérir des richesses dont tu ne saurais que faire. Reste avec moi, mon chevalier Louis ! je ne te contrarierai jamais ; je préviendrai tes moindres désirs, je t'obéirai en tout… Je t'en prie, je t'en conjure, ne pars pas. Et puis, que veux-tu que je devienne sans toi, à présent… ? reprit Jeanne, après un léger silence. Casque-en-Cuir et mon père ne sont pas méchants, certes ; eh bien ! je ne sais comment cela se fait, mais je ne les vois plus tels qu'ils me semblaient être jadis ! ils me paraissent changés ; je sens que ni l'un ni l'autre ne savent m'aimer.
Mon père ne songe qu'à son procès ; Casque-en-Cuir, lui, je ne sais ce qu'il désire ; mais à coup sûr ce n'est pas mon bonheur ! Toi seul, tu as pour moi une affection véritable ! Mon chevalier Louis, je ne t'ai jamais fait de peine, et tu es trop bon pour vouloir me rendre à tout jamais malheureuse. Ne me quitte donc pas !
De Morvan, réellement attendri, ne savait que répondre ; ce fut Barbe-Grise qui prit la parole.
Spécifications produit
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Contenu
- Langue
- fr
- Version
- livre numérique
- Date de sortie initiale
- 28 juin 2019
Personnes impliquées
- Auteur principal
- Paul Duplessis
- Editeur principal
- Gilbert Terol
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EAN
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