Les Boucaniers T VII
Ebook
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Auteur:
Paul Duplessis
- fr
- livre numérique
- 1230003298596
- 28 juin 2019
Résumé
Laurent, accompagné d'un ancien Boucanier, l'un des meilleurs matelots de la frégate, se dirigea vers la porte de la ville.
À peine les deux aventuriers avaient-ils fait cent pas, qu'un ' qui vive ' retentit, poussé par une sentinelle.
— Ami, répondit Laurent, avec un accent castillan d'une irréprochable pureté.
— Qui êtes-vous ? D'où venez-vous ? reprit le soldat.
Nous sommes des pêcheurs, et nous revenons de notre ouvrage !
— Passez, dit l'Espagnol sans défiance.
Laurent et son compagnon continuèrent d'avancer d'un pas lent et égal ; mais à peine furent-ils à portée de la sentinelle que le capitaine s'élança sur elle d'un bond de tigre ; une lueur rapide et fugitive comme un éclair, brilla dans les ténèbres : l'infortuné, soldat frappé d'un coup de poignard au cœur, tomba raide mort, sans pousser un cri.
La chute de son corps, amortie par le sable, ne produisit aucun bruit.
Laurent poursuivit son chemin.
L'Espagne, qui jadis possédait la meilleure et la plus redoutable infanterie d'Europe, produit d'excellents combattants, mais non pas des soldats : L'amour de la paresse, et par contre-coup l'horreur de la discipline et du service militaire, empêcheront toujours les gens de cette nation d'atteindre à cette régularité méticuleuse, sans laquelle les succès durables ne sont pas possibles !
Laurent, qui dans sa jeunesse avait servi sous les drapeaux espagnols, connaissait parfaitement le caractère et les habitudes de ceux, qu'il venait attaquer.
Il ne fut donc nullement surpris de trouver plongé dans un profond sommeil le poste de dix hommes chargés de garder la porte de Grenade, et qui se reposaient du soin de leur sûreté sur la sentinelle placée à cinquante pas en dehors de la ville ; sentinelle qui atteinte par le poignard du capitaine des flibustiers, n'était plus qu'un cadavre.
Laurent retourna alors auprès de ses hommes ; en deux mots il les mit au courant de la position des choses, c'est-à-dire de la facilité qu'il y avait pour eux à pénétrer dans Grenade.
Les trois colonnes expéditionnaires s'avancèrent aussitôt rapidement et en silence.
Les soldats du poste endormis furent saisis et bâillonnés avant qu'ils eussent le temps de pousser un cri : les flibustiers entrèrent dans la ville.
Arrivés à la place de l'Église, les trois troupes se séparèrent pour opérer chacune sur un point différent : l'espion Pied-Léger leur avait indiqué à l'avance les églises les plus riches et les maisons des principaux négociants de Grenade.
De Morvan était dans une perplexité extrême : si, d'un côté, il éprouvait une joie folle en songeant qu'il allait revoir sa bien-aimée Nativa ; de l'autre, il frémissait à la pensée que peut-être bien la fille du comte de Monterey le traiterait comme un bandit et l'accablerait de son mépris.
Le jeune homme avait beau se répéter que cette surprise de Grenade constituait simplement un fait de guerre ; que vingt fois les Espagnols étaient descendus nuitamment sur les côtes françaises pour y incendier et y détruire les établissements des colons ; que l'expédition commandée par Laurent était sanctionnée par le droit de dix pour cent que le gouverneur devait prélever au nom du roi Louis XIV sur le butin : malgré tous ces raisonnements, le chevalier ne pouvait parvenir à colorer suffisamment à ses propres yeux le rôle qu'il jouait.
En désespoir de cause, il espérait que Nativa ne verrait dans sa conduite, — ce qui, au reste, était parfaitement vrai, — qu'un sacrifice fait à l'amour, qu'un moyen employé pour se rapprocher d'elle.
Les dix-huit flibustiers dirigés par Laurent, — deux hommes ayant été détachés de sa troupe pour aider à conduire les embarcations dans le faubourg de Santa-Engracia — ne restèrent pas longtemps inactifs.
L'un d'eux s'en fut frapper à la porte de la cathédrale, sous le prétexte desolliciter les secours spirituels d'un prêtre pour un mourant.
Le sacristain, habitué à de semblables demandes, ouvrit sans méfiance.
Il fut aussitôt jeté à terre, garrotté et bâillonné : les flibustiers pénétrèrent dans l'église !…
Une lampe, suspendue à une assez grande hauteur, éclairait imparfaitement de ses pâles rayons la cathédrale ; quelle que faible que fût sa lumière, elle suffit aux flibustiers pour apprécier à l'instant les immenses richesses qui se trouvaient à leur portée.
Alors ce fut parmi ces gens, qui ne croyaient qu'à l'or, qui n'avaient qu'un but, le pillage ; ce fut une joie tenant du délire. Chacun se précipita à la curée.
À peine les deux aventuriers avaient-ils fait cent pas, qu'un ' qui vive ' retentit, poussé par une sentinelle.
— Ami, répondit Laurent, avec un accent castillan d'une irréprochable pureté.
— Qui êtes-vous ? D'où venez-vous ? reprit le soldat.
Nous sommes des pêcheurs, et nous revenons de notre ouvrage !
— Passez, dit l'Espagnol sans défiance.
Laurent et son compagnon continuèrent d'avancer d'un pas lent et égal ; mais à peine furent-ils à portée de la sentinelle que le capitaine s'élança sur elle d'un bond de tigre ; une lueur rapide et fugitive comme un éclair, brilla dans les ténèbres : l'infortuné, soldat frappé d'un coup de poignard au cœur, tomba raide mort, sans pousser un cri.
La chute de son corps, amortie par le sable, ne produisit aucun bruit.
Laurent poursuivit son chemin.
L'Espagne, qui jadis possédait la meilleure et la plus redoutable infanterie d'Europe, produit d'excellents combattants, mais non pas des soldats : L'amour de la paresse, et par contre-coup l'horreur de la discipline et du service militaire, empêcheront toujours les gens de cette nation d'atteindre à cette régularité méticuleuse, sans laquelle les succès durables ne sont pas possibles !
Laurent, qui dans sa jeunesse avait servi sous les drapeaux espagnols, connaissait parfaitement le caractère et les habitudes de ceux, qu'il venait attaquer.
Il ne fut donc nullement surpris de trouver plongé dans un profond sommeil le poste de dix hommes chargés de garder la porte de Grenade, et qui se reposaient du soin de leur sûreté sur la sentinelle placée à cinquante pas en dehors de la ville ; sentinelle qui atteinte par le poignard du capitaine des flibustiers, n'était plus qu'un cadavre.
Laurent retourna alors auprès de ses hommes ; en deux mots il les mit au courant de la position des choses, c'est-à-dire de la facilité qu'il y avait pour eux à pénétrer dans Grenade.
Les trois colonnes expéditionnaires s'avancèrent aussitôt rapidement et en silence.
Les soldats du poste endormis furent saisis et bâillonnés avant qu'ils eussent le temps de pousser un cri : les flibustiers entrèrent dans la ville.
Arrivés à la place de l'Église, les trois troupes se séparèrent pour opérer chacune sur un point différent : l'espion Pied-Léger leur avait indiqué à l'avance les églises les plus riches et les maisons des principaux négociants de Grenade.
De Morvan était dans une perplexité extrême : si, d'un côté, il éprouvait une joie folle en songeant qu'il allait revoir sa bien-aimée Nativa ; de l'autre, il frémissait à la pensée que peut-être bien la fille du comte de Monterey le traiterait comme un bandit et l'accablerait de son mépris.
Le jeune homme avait beau se répéter que cette surprise de Grenade constituait simplement un fait de guerre ; que vingt fois les Espagnols étaient descendus nuitamment sur les côtes françaises pour y incendier et y détruire les établissements des colons ; que l'expédition commandée par Laurent était sanctionnée par le droit de dix pour cent que le gouverneur devait prélever au nom du roi Louis XIV sur le butin : malgré tous ces raisonnements, le chevalier ne pouvait parvenir à colorer suffisamment à ses propres yeux le rôle qu'il jouait.
En désespoir de cause, il espérait que Nativa ne verrait dans sa conduite, — ce qui, au reste, était parfaitement vrai, — qu'un sacrifice fait à l'amour, qu'un moyen employé pour se rapprocher d'elle.
Les dix-huit flibustiers dirigés par Laurent, — deux hommes ayant été détachés de sa troupe pour aider à conduire les embarcations dans le faubourg de Santa-Engracia — ne restèrent pas longtemps inactifs.
L'un d'eux s'en fut frapper à la porte de la cathédrale, sous le prétexte desolliciter les secours spirituels d'un prêtre pour un mourant.
Le sacristain, habitué à de semblables demandes, ouvrit sans méfiance.
Il fut aussitôt jeté à terre, garrotté et bâillonné : les flibustiers pénétrèrent dans l'église !…
Une lampe, suspendue à une assez grande hauteur, éclairait imparfaitement de ses pâles rayons la cathédrale ; quelle que faible que fût sa lumière, elle suffit aux flibustiers pour apprécier à l'instant les immenses richesses qui se trouvaient à leur portée.
Alors ce fut parmi ces gens, qui ne croyaient qu'à l'or, qui n'avaient qu'un but, le pillage ; ce fut une joie tenant du délire. Chacun se précipita à la curée.
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Contenu
- Langue
- fr
- Version
- livre numérique
- Date de sortie initiale
- 28 juin 2019
Personnes impliquées
- Auteur principal
- Paul Duplessis
- Editeur principal
- Gilbert Terol
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