Les Boucaniers T XI et XII
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Résumé
Pendant que les voûtes de la cathédrale retentissaient des chants religieux, Montbars, à la tête d'une dizaine de flibustiers et accompagné de de Morvan, frappait à la porte de l'une des plus belles maisons de la ville.
— Quel air sombre, où me mènes-tu donc ? lui demanda le chevalier.
— C'est dans cette maison que se trouve l'assassin de ton père, lui répondit Montbars.
À ces mots, de Morvan pâlit ; une expression d'implacable férocité se peignit sur son visage, et s'élançant sur la porte avec une furieuse énergie, il essaya de la renverser.
— Jetez cette porte bas, mes amis, dit Montbars en s'adressant à ses flibustiers, nous ne sommes pas des gens que l'on fasse attendre !… Quoique l'amiral de Pointis eût, avant d'entrer dans la ville, publié un ordre du jour qui menaçait de la peine de mort tout soldat ou flibustier qui tenterait de pénétrer par la force dans la demeure d'un des habitants de Carthagène, les Frères-la-Côte n'hésitèrent pas à obéir ; ils savaient que, couverts par la responsabilité de Montbars, ils n'avaient rien à craindre ! En moins d'une minute la porte fut arrachée de ses gonds.
— Arrête ! Louis, dit Montbars, qui saisissant le jeune homme au moment où il s'élançait, le tint immobile sous sa main de fer ! Laisse-moi passer le premier.
— À peine le chef de la flibuste venait-il de franchir le seuil, qu'un Espagnol, un domestique, à en juger par la livrée dont il était revêtu, s'élança à sa rencontre, un pistolet dans chaque main, et fit feu sur lui à bout portant.
Montbars arracha son pourpoint, et montrant une cuirasse qui recouvrait sa poitrine :
— Je tenais tellement à ma chère vengeance, dit-il, que dans la peur de la perdre, je n'ai pas eu honte de me précautionner contre la mort.
Se précipitant alors sur le domestique espagnol, il le prit à la gorge, puis le renversant dans le corridor d'entrée et lui mettant le pied sur le corps :
— Cet homme, comte de Morvan, s'écria-t-il :, est l'assassin de ton père !
Le jeune homme resta un moment frappé de stupeur, anéanti : dans le prétendu domestique, il venait de reconnaître le père de Nativa : le comte de Monterey !…
Le grand d'Espagne, tout étourdi dé la brusque attaque de Montbars, n'avait point pris garde à ces paroles : il crut avoir tout bonnement affaire à des flibustiers ordinaires, et la première pensée qui se présenta à son esprit, lorsqu'il se releva, fut que c'est la drones n'en voulaient qu'a ses richesses.
Il se repentit alors de la sotte vivacité qui l'avait conduit à se compromettre, et il résolut de se débarrasser, au prix de n'importe quel sacrifice pécuniaire, de la présence de ses désagréables visiteurs.
Néanmoins la haine qu'il ressentait pour les Français était si vive, qu'il ne put prendre sur lui d'adresser courtoisement la parole à ceux dont son sort dépendait.
Ce fut d'un ton rogue et hautain qu'il entama la conversation :
— La capitulation signée d'hier aurait dû me préserver de vos violences et de vos insultes, dit-il ; mais à quoi bon récriminer ? Vous avez pour vous la force, et vous ignorez les premières notions de l'honneur ! Allons droit au fait : vous voulez de l'or, n'est-ce pas ? Soit, à quel taux fixez-vous ma rançon ?
— Ce n'est pas ici que je dois te répondre ! dit Montbars. Mes amis, liez solidement les membres de ce misérable, et suivez-moi ! ajouta-t-il en se retournant vers ses flibustiers.
Ceux-ci exécutèrent aussitôt l'ordre de leur chef avec un empressement et une dextérité qui prouvaient et combien cet ordre leur était agréable, et la grande habitude qu'ils avaient de ces sortes de choses.
Montbars prenant la tête du lugubre cortège, traversa le long corridor qui se trouve à l'entrée des maisons espagnoles, et entra dans une cour vaste et spacieuse, à laquelle il aboutissait.
Le señor Sandoval, comte de Monterey, blême de rage, avait toutes les peines imaginables à contenir l'expression de sa colère !
— Veux-tu dix mille piastres ! dit-il enfin à de Montbars !
Le flibustier sourit, mais d'une façon si sinistre que l'Espagnol se sentit froid au cœur. Toutefois, soutenu par sa fierté, il fit bonne contenance.
— Va pour quinze mille piastres, reprit-il. J'ai hâte, je l'avoue, d'être délivré de votre présence.
— Que penses-tu, chevalier, de cette proposition, demanda Montbars d'un ton railleur à de Morvan ; trouves-tu que cette somme paie le sang de ton père ?
Le jeune homme, depuis le commencement de cette scène, était en proie à une fureur concentrée réellement surhumaine : l'horrible et ignominieux supplice subi jadis par le comte, s'était représenté à son esprit dans ses moindres détails ; il avait entendu le sifflement du fouet lacérant la victime, compté les coups, vu jaillir le sang, assisté à l'épouvantable agonie de son père.
Une sueur froide perlait sur le front du malheureux jeune homme, son cœur battait avec une douloureuse violence ; une seule pensée absorbait toutes ses facultés : trouver le moyen d'égaler le châtiment au crime.
— Quel air sombre, où me mènes-tu donc ? lui demanda le chevalier.
— C'est dans cette maison que se trouve l'assassin de ton père, lui répondit Montbars.
À ces mots, de Morvan pâlit ; une expression d'implacable férocité se peignit sur son visage, et s'élançant sur la porte avec une furieuse énergie, il essaya de la renverser.
— Jetez cette porte bas, mes amis, dit Montbars en s'adressant à ses flibustiers, nous ne sommes pas des gens que l'on fasse attendre !… Quoique l'amiral de Pointis eût, avant d'entrer dans la ville, publié un ordre du jour qui menaçait de la peine de mort tout soldat ou flibustier qui tenterait de pénétrer par la force dans la demeure d'un des habitants de Carthagène, les Frères-la-Côte n'hésitèrent pas à obéir ; ils savaient que, couverts par la responsabilité de Montbars, ils n'avaient rien à craindre ! En moins d'une minute la porte fut arrachée de ses gonds.
— Arrête ! Louis, dit Montbars, qui saisissant le jeune homme au moment où il s'élançait, le tint immobile sous sa main de fer ! Laisse-moi passer le premier.
— À peine le chef de la flibuste venait-il de franchir le seuil, qu'un Espagnol, un domestique, à en juger par la livrée dont il était revêtu, s'élança à sa rencontre, un pistolet dans chaque main, et fit feu sur lui à bout portant.
Montbars arracha son pourpoint, et montrant une cuirasse qui recouvrait sa poitrine :
— Je tenais tellement à ma chère vengeance, dit-il, que dans la peur de la perdre, je n'ai pas eu honte de me précautionner contre la mort.
Se précipitant alors sur le domestique espagnol, il le prit à la gorge, puis le renversant dans le corridor d'entrée et lui mettant le pied sur le corps :
— Cet homme, comte de Morvan, s'écria-t-il :, est l'assassin de ton père !
Le jeune homme resta un moment frappé de stupeur, anéanti : dans le prétendu domestique, il venait de reconnaître le père de Nativa : le comte de Monterey !…
Le grand d'Espagne, tout étourdi dé la brusque attaque de Montbars, n'avait point pris garde à ces paroles : il crut avoir tout bonnement affaire à des flibustiers ordinaires, et la première pensée qui se présenta à son esprit, lorsqu'il se releva, fut que c'est la drones n'en voulaient qu'a ses richesses.
Il se repentit alors de la sotte vivacité qui l'avait conduit à se compromettre, et il résolut de se débarrasser, au prix de n'importe quel sacrifice pécuniaire, de la présence de ses désagréables visiteurs.
Néanmoins la haine qu'il ressentait pour les Français était si vive, qu'il ne put prendre sur lui d'adresser courtoisement la parole à ceux dont son sort dépendait.
Ce fut d'un ton rogue et hautain qu'il entama la conversation :
— La capitulation signée d'hier aurait dû me préserver de vos violences et de vos insultes, dit-il ; mais à quoi bon récriminer ? Vous avez pour vous la force, et vous ignorez les premières notions de l'honneur ! Allons droit au fait : vous voulez de l'or, n'est-ce pas ? Soit, à quel taux fixez-vous ma rançon ?
— Ce n'est pas ici que je dois te répondre ! dit Montbars. Mes amis, liez solidement les membres de ce misérable, et suivez-moi ! ajouta-t-il en se retournant vers ses flibustiers.
Ceux-ci exécutèrent aussitôt l'ordre de leur chef avec un empressement et une dextérité qui prouvaient et combien cet ordre leur était agréable, et la grande habitude qu'ils avaient de ces sortes de choses.
Montbars prenant la tête du lugubre cortège, traversa le long corridor qui se trouve à l'entrée des maisons espagnoles, et entra dans une cour vaste et spacieuse, à laquelle il aboutissait.
Le señor Sandoval, comte de Monterey, blême de rage, avait toutes les peines imaginables à contenir l'expression de sa colère !
— Veux-tu dix mille piastres ! dit-il enfin à de Montbars !
Le flibustier sourit, mais d'une façon si sinistre que l'Espagnol se sentit froid au cœur. Toutefois, soutenu par sa fierté, il fit bonne contenance.
— Va pour quinze mille piastres, reprit-il. J'ai hâte, je l'avoue, d'être délivré de votre présence.
— Que penses-tu, chevalier, de cette proposition, demanda Montbars d'un ton railleur à de Morvan ; trouves-tu que cette somme paie le sang de ton père ?
Le jeune homme, depuis le commencement de cette scène, était en proie à une fureur concentrée réellement surhumaine : l'horrible et ignominieux supplice subi jadis par le comte, s'était représenté à son esprit dans ses moindres détails ; il avait entendu le sifflement du fouet lacérant la victime, compté les coups, vu jaillir le sang, assisté à l'épouvantable agonie de son père.
Une sueur froide perlait sur le front du malheureux jeune homme, son cœur battait avec une douloureuse violence ; une seule pensée absorbait toutes ses facultés : trouver le moyen d'égaler le châtiment au crime.
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Langue
fr
Version
livre numérique
Date de sortie initiale
20 juillet 2019
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